Prévenir les TMS : pourquoi l’étude de poste est la première étape vers une solution durable

Les enjeux de la santé au travail n'ont jamais été aussi importants. En 2024, 50 598 maladies professionnelles ont été reconnues, soit une progression de 6,7 % par rapport à 2023 (1). En tête, les troubles musculosquelettiques (TMS) représentent 88 % des maladies professionnelles reconnues en 2024 (2). Les manutentions manuelles constituent également un facteur majeur de sinistralité puisqu'elles sont à l'origine de 50 % des accidents du travail (3).

L'impact économique est lui aussi considérable : les TMS et lombalgies liées aux manutentions manuelles représentent plus de 20 millions de journées de travail perdues chaque année et 2,4 milliards d'euros de cotisations versées (3). Toutefois, ils ne sont pas l’unique enjeu puisqu’en 2024, 1 805 affections psychiques ont été reconnues comme maladies professionnelles, soit une progression de 9 % en un an (4). Ces affections peuvent notamment être liées aux risques psychosociaux (RPS), tels que le stress, la surcharge de travail, le manque d'autonomie ou encore les violences au travail. Leur reconnaissance reste toutefois spécifique, ce qui ne permet pas à ces chiffres de refléter à eux seuls l’ampleur réelle des risques psychosociaux en entreprise.  

Pourtant, selon un rapport du Sénat (5), les dépenses consacrées à la prévention sont passées de 346 millions d’euros en 2016 à 382 millions d’euros en 2022 (5), et la courbe ne s’inverse pas.

Pourquoi ? Parce qu’il arrive encore trop souvent qu’on traite les symptômes sans remonter suffisamment aux causes. Et si on prescrivait le mauvais matériel, faute d'analyse préalable ? Et si la souffrance au travail n'était pas le fruit du management, mais le signal d'une organisation non pensée pour l'humain ? Et si prévenir coûtait, en réalité, bien moins cher qu'attendre ?


Ainsi, pour répondre à ces questions, l’étude de poste est une étape cruciale pour construire une démarche de prévention de la santé au travail. Sans elle, on se retrouve avec des prescriptions inadaptées, inutilisées, et de l'argent mal investi. Pour éviter cela, l'ergonome doit comprendre l'activité dans sa globalité, dans l’objectif de ne pas dénaturer l’activité et créer des nouvelles contraintes. Il doit également analyser la situation avec précision pour identifier les irritants qui atteignent directement la personne et ses leviers d’action.

En effet, on oublie trop souvent que derrière ce poste, il y a un être humain. Quelqu'un qui compense, encaisse, rattrape et qui ne signale plus, parce que c'est devenu son quotidien. L'étude de poste lui redonne une place centrale : ses ressentis, ses contraintes, son vécu sont traduits en données et en leviers d'action bénéfiques pour tous.

Forts de plus de 20 ans d’expérience en ergonomie, Ergos-Concept peut mobiliser plusieurs outils et méthodologies. Face à une problématique à dominance physique, nous analysons l'activité grâce à des capteurs EMG, qui rendent compte de la pénibilité musculaire, et à des capteurs de fréquence cardiaque, qui mesurent l'engagement physique. Ces données enrichissent l'analyse classique, tout en alimentant nos hypothèses et nos entretiens, davantage orientés vers les dimensions psychologiques et organisationnelles.

Ces outils ont aussi une autre vertu : rendre l'invisible, visible. Des données chiffrées parlent mieux qu'un rapport abstrait en comité de pilotage. Elles permettent de comparer avant et après les actions menées, d'objectiver les progrès, et de constituer une preuve tangible face aux instances représentatives du personnel ou aux acteurs de la prévention. La prévention cesse alors d'être une dépense à justifier, elle devient un investissement qu'on défend avec des chiffres. Et ces changements ne nécessitent pas toujours de lourds investissements. Une rotation de poste repensée, un simple réglage, un outil de communication amélioré, parfois, c'est suffisant pour réduire significativement les contraintes. D'autres situations, en revanche, nécessitent du matériel ciblé, qui doit répondre précisément au cahier des charges établi par l'ergonome.

C’est là qu’interviennent les prescripteurs de solutions qui vont innover face à l’évolution du travail ou à la concurrence pour proposer une solution adaptée et personnalisée à l’activité. C’est dans cette optique, que nous pouvons travailler avec des prescripteurs de matériels comme HappyManut’ qui partage cette vision. Concepteur et fabricant de solutions de manutention ergonomique, il s’adresse aux milieux exigeants tels que l’industrie agroalimentaire, la restauration collective, les secteurs pharmaceutiques, médicaux et les laboratoires. Avec une philosophie simple et partagée par les ergonomes : adapter le travail à l’humain, et non l’inverse. Ainsi, chaque équipement est pensé pour réduire les contraintes physiques liées à la manutention : soulèvements de charges, postures contraignantes, gestes répétitifs, sans sacrifier la performance et les impératifs d’hygiène. Transpalettes motorisés, tables élévatrices, mini-gerbeurs, ses solutions sont disponibles en fabrication standard ou sur mesure, conçues pour s’intégrer précisément dans l’environnement de travail existant, et proposées dans un matériau fiable et hygiénique : l’acier inoxydable.

C’est là que notre collaboration sur cet article, prend tout son sens. Lorsque l’analyse de poste révèle qu’une contrainte physique ne peut être résolue par une simple réorganisation, il faut du matériel, mais du matériel prescrit, répondant à un cahier des charges défini à partir des données terrain. 

Ergos-Concept apporte la rigueur de l’analyse ergonomique et Happymanut une des réponses techniques, conçue pour correspondre point par point aux contraintes identifiées. L’un sans l’autre, c’est soit un équipement sans preuve de son utilité, soit une analyse sans débouché concret. Ensemble, c’est une démarche complète : de l’identification du problème jusqu’à sa résolution durable. 

Enfin, prévenir les TMS, c’est possible, mais cela demande de la méthode, de l’expertise et des bons outils. C’est exactement ce que cette collaboration entre un cabinet d’ergonomie et un concepteur de solutions de manutention vous offre : une approche intégrée, au service des femmes et des hommes qui font tourner vos lignes, vos cuisines et vos laboratoires chaque jour. 


Les sources : 

  1. Ameli, Rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, 2025

    https://www.assurance-maladie.ameli.fr/etudes-et-donnees/2024-rapport-annuel-assurance-maladie-risques-professionnels

  2. Ameli, Une nouvelle campagne de sensibilisation sur les troubles musculo squelettiques, 2025 https://www.assurance-maladie.ameli.fr/presse/2025-03-17-cp-campagne-tms

  3. Ameli, Les TMS : pourquoi et comment agir, 2026

    https://www.ameli.fr/entreprise/sante-travail/risques/troubles-musculosquelettiques-tms/pourquoi-comment-agir

  4. Ameli, Affections psychiques d’origine professionnelle : reconnaissance et rôle du CMI, 2026

    https://www.ameli.fr/medecin/actualites/affections-psychiques-d-origine-professionnelle-reconnaissance-et-role-du-cmi

  5. Sénat, Branche AT-MP : Vers un juste équilibre entre réparation et prévention des risques professionnels, 2024

    https://www.senat.fr/rap/r24-018/r24-0184.html#toc99

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